Connecteur connecté depuis 1993, je fais partie d’une génération qui a vu la fin du Minitel, grandit avec un ordinateur personnel et s’est émerveillé des promesses d’accès à l’information et à la connaissance de ce nouveau réseau. À sa naissance il proposait une technologie permettant le partage aisé d’une même information entre des physiciens travaillant dans des universités et instituts situés aux quatre coins du monde*.
Le réseau Internet et sa déclinaison pour tous, le World Wide Web*.
Au fil du développement du web, des portails agrégeant recherche et contenus très anglophones se sont développés, avec plusieurs moteurs de recherche à la disposition des internautes. Après Webcrawler, Lycos, Infoseek, Yahoo ! Search, AltaVista, HotBot, AOL NetFind, et d’autres, Google* fait son apparition publique en 1998.
Près de 30 ans après sa création, pour le seul moteur de recherche, le géant des GAFA* voyait encore en 2024 sa part autour des 80% selon les pays en Europe (Allemagne 79%, France 80%, Espagne et Italie 87%), 76% aux Etats-Unis ou encore 93% en Inde.
En toute franchise, en tant qu’usager du web au quotidien depuis le siècle dernier, Google me semble dans mes souvenirs avoir libéré la recherche des portails généralistes avec un esprit pionnier et surtout une interopérabilité dans ses services comme aucun « géants du web » avec une devise inscrite dans son code de conduite initial très 🕊

Au delà de la communication mercatique, la disponibilité des données était, pour un usager aussi bien domestique que professionnel, la pierre angulaire des services Google. A tout moment, il devient possible dès 2009 de récupérer dans un format interopérable tout ou partie de ses données avec le Google Data Liberation Front. Aujourd’hui, le service s’appelle Takeout* et permet de se libérer de près de 60 services Google.

Et puis en 2015, Google devient une filiale, au sein du conglomérat Alphabet. Avec une nouvelle devise, Do the right thing. Right ?
De Gmail en 2004 à Gemini en 2023, Google poursuit sa croissance, même si la diffusion des intelligences artificielles bouleverse son cœur de métier historique, de la recherche à la publicité, Alphabet affiche pour 2024 350 milliards $ de chiffre d’affaires pour 100 Md$ de bénéfices.
En 2008, Lee Hinan, écrit un article intitulé De-googling*.
En 2014, Framasoft la campagne Dégooglisons Internet*.
En 2023, Twitter devient X après son rachat par Elon Musk.
En 2024, il y a l’élection présidentielle aux Etats-Unis d’Amérique.
Oui les solutions libres existent depuis toujours et sont le socle d’Internet et du web. Non elles ne sont pas toujours faciles à utiliser au quotidien pour qui privilégie, par manque de compétences et de temps, l’usage à la technologie.
Et pourtant, l’ère, l’heure ou l’air est au changement nécessaire, avec les données comme enjeux géopolitiques. Avec quelle méthode ?

Côté géographie numérique, la France offre des solutions web comme les webmestres francophones devenu OVH depuis 20 ans avec son fondateur Octave Klaba ou encore des plus modestes comme la société auvergnate O2Switch*.
Mais qu’en est-il de devenir politique de la France ? Et l’Europe des RGPD*, DMA*, DSA* sera-t-elle suffisante pour protéger les citoyens européens des monopoles d’outre-atlantique ?
En 2022, Twitter/X supprime une grande partie de ses capacités de modération* et devient progressivement le réseau par excellence des fausses nouvelles (fake news).
En 2025 Meta suit la danse du changement de cap politique avec la fin de son système de vérification des faits (fast-checking) et une étrange promotion d’une « énergie masculine » par son patron dans l’entreprise.
Idem pour Google en 2025, qui refuse les nouvelles règles européennes et s’ouvre au développement technologique pour la création d’armes et de système de surveillance.
Entre géographie et politique, il est plus que jamais temps de changer de cap numérique. Il n’est pas trop tard pour agir.
C’est une histoire de choix, de test et de partage d’expérience que nous vous proposons ici, pour alimenter nos réflexions et accompagner l’évolution de nos orientations numériques vers (à nouveau) plus de liberté.
À la base, le mouvement PC était une sorte de liberté technologique – que je définirai comme la liberté d’explorer de nouvelles idées, de contrôler vos propres œuvres créatives et de faire des erreurs sans punition.
L’ère de l’ordinateur personnel a connu son apogée à la fin des années 1970 et s’est poursuivie dans les années 1980 et 1990. Mais, au cours de la dernière décennie en particulier, Internet et la gestion des droits numériques (DRM) nous ont progressivement retiré ce contrôle pour le confier à de grandes entreprises. Nous devons reprendre le contrôle de nos vies numériques et rendre l’informatique à nouveau personnelle.
Extrait de The PC is Dead :
It’s Time to Bring Back Personal Computing
par Benj Edwards
Les Hypertextes ↗
- World Wide Web, Wikipédia
- Search engine, Wikipédia
- Historique de Google, Wikipédia
- Part de Google dans la recherche en 2024, Statista ↗
- GAFAM ? Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft, Wikipédia
- Google Takeout : Comment libérer ou sauvegarder vos données ?
- Google Data Liberation Front, Wikipédia
- Data Liberation Blog, Google
- De-googling par Lee Hinman, décembre 2009, Writequit blog
- DeGoogle, Wikipédia
- Dégooglisons Internet : c’est la fin du début, Framasoft
- O2Switch, solutions d’hébergement web ↗
- Règlement européen sur la protection des données (RGPD), CNIL
- Règlement sur les services numériques, Wikipédia / Vie Publique
- Règlement sur les marchés numériques (DMA), Vie Publique
- Twitter supprime (…), 11/2022, Le Monde
- La fin de la modération sur les réseaux Meta ? Radio France